« A toi pour toujours, ta Marie-Lou » la pièce de l’auteur québécois Michel Tremblay interprétée par le théâtre des Lanternes, a remporté un vif succès auprès du public.
Le thème sur la mémoire de famille et /ou la famille et sa mémoire nous touche tous car il nous renvoie à nos propres difficultés de vivre ensemble.
J’ai particulièrement apprécié la manière dont la pièce a été abordée pour nous rendre la dimension et la profondeur humaines.
L’espace scénique minimaliste recrée l’enfermement et l’isolement des quatre protagonistes, assis, chacun replié sur soi, face au public, ils ne bougeront pas pendant toute la durée de la représentation. Ils sont dans l’expectative de leur rôle, des personnages en devenir. Nous entendons leur silence.
Le procédé symbolique de mise en lumière du personnage veut nous le donner à voir de l’intérieur.
En effet, l’éclairage porté sur l’acteur l’anime et libère sa parole, ses mots pour nous dire ses maux.
C’est par le travail de mémoire que le personnage se reconstruit pour incarner son rôle dans l’histoire de la famille.
Le jeu croisé de lumière et d’ombre entre les personnages donne le « tempo », le rapport au temps. Le passé, temps des événements vécus et le présent, temps « décalé « de la mémoire de ces mêmes événements.
Que s’est-il vraiment passé ? C’est le questionnement à travers le prisme de la mémoire, entre vécu et /ou ressenti, où est la part de l’imaginaire ?
A chacun sa mémoire et sa vérité révélée.
Ces fragments de mémoire, fragments de vie si différents et souvent vécus dans l’indifférence de l’autre, des autres, fondent l’histoire de la famille dans son contexte social et culturel.
En toile de fond, sur écran, c’est toujours la mémoire qui travaille, qui dans son creuset fait resurgir les empreintes marquantes, indélébiles. La projection en boucle d’images du Christ sur la croix, nous rappelle la permanence, l’omniprésence de la religion et de l’église. Croyances, injonctions, morale culpabilisante, véritable terreau de la culture familiale, pèsent lourd sur les consciences. Entre Dieu et le diable, il faut choisir.
De cette histoire de famille, quelle résilience pour l’avenir des deux filles ?
De qui, du père ou de la mère, Manon et Carmen se départiront-elles pour devenir soi, autre.
Pari gagné, cette histoire de famille nous a touchés, le théâtre des Lanternes a signé un très bon spectacle.
Brigitte Arguedas

« A toi pour toujours, ta Marie-Lou » la pièce de l’auteur québécois Michel Tremblay interprétée par le théâtre des Lanternes, a remporté un vif succès auprès du public.

Le thème sur la mémoire de famille et /ou la famille et sa mémoire nous touche tous car il nous renvoie à nos propres difficultés de vivre ensemble.

J’ai particulièrement apprécié la manière dont la pièce a été abordée pour nous rendre la dimension et la profondeur humaines.

L’espace scénique minimaliste recrée l’enfermement et l’isolement des quatre protagonistes, assis, chacun replié sur soi, face au public, ils ne bougeront pas pendant toute la durée de la représentation. Ils sont dans l’expectative de leur rôle, des personnages en devenir. Nous entendons leur silence.

Le procédé symbolique de mise en lumière du personnage veut nous le donner à voir de l’intérieur.

En effet, l’éclairage porté sur l’acteur l’anime et libère sa parole, ses mots pour nous dire ses maux.

C’est par le travail de mémoire que le personnage se reconstruit pour incarner son rôle dans l’histoire de la famille.

Le jeu croisé de lumière et d’ombre entre les personnages donne le « tempo », le rapport au temps. Le passé, temps des événements vécus et le présent, temps « décalé « de la mémoire de ces mêmes événements.

Que s’est-il vraiment passé ? C’est le questionnement à travers le prisme de la mémoire, entre vécu et /ou ressenti, où est la part de l’imaginaire ?

A chacun sa mémoire et sa vérité révélée.

Ces fragments de mémoire, fragments de vie si différents et souvent vécus dans l’indifférence de l’autre, des autres, fondent l’histoire de la famille dans son contexte social et culturel.

En toile de fond, sur écran, c’est toujours la mémoire qui travaille, qui dans son creuset fait resurgir les empreintes marquantes, indélébiles. La projection en boucle d’images du Christ sur la croix, nous rappelle la permanence, l’omniprésence de la religion et de l’église. Croyances, injonctions, morale culpabilisante, véritable terreau de la culture familiale, pèsent lourd sur les consciences. Entre Dieu et le diable, il faut choisir.

De cette histoire de famille, quelle résilience pour l’avenir des deux filles ?

De qui, du père ou de la mère, Manon et Carmen se départiront-elles pour devenir soi, autre.

Pari gagné, cette histoire de famille nous a touchés, le théâtre des Lanternes a signé un très bon spectacle.

Brigitte Arguedas

 

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